De Casablanca à Marrakech

Sous-titre : la sécurité

Dimanche 15/04/2012

Aujourd’hui, on n’a pas fait grand chose. On s’est baladé dans le quartier, voir la vie, constater l’existence du bidon-ville du coin (avec antennes satellite comme en Inde), traverser le joli parc urbain où jeunes et vieux se retrouve en ce dimanche, chercher le pain (khobje, prononcez rhobz) et voir les femmes faire du souking, le tout en écoutant Elmahjoub pour ma part et en discutant avec Hind pour Elodie. Avec Elmahjoub, on parle souvent de religion (la famille est relativement plutôt très pratiquante) et du fait que finalement chrétiens et musulmans c’est pareil! Des prophètes et un dieu quoi!
DSC_0500.JPG De retour à l’appart’, un bon repas partagé puis un peu d’internet (mails, itinéraire GPS,…), linge, nettoyage des gourdes, filtrage de l’eau (ami lecteurs, avez-vous des infos sur la qualité de l’eau au Maroc pour nos frêles intestins d’occidentaux?), et puis repos quoi.

 

Demain on repars à l’aventure! On est impatient! Ouéy ouéy ouéy!

Petit constat rigolo : internet en 3G, le dimanche, jour de congé, ça marche pas bien… sauf pendant la prière! 😀

Lundi 16/04/2012

La journée commence moyennement bien car on ne met plus la main sur les goupilles de la remorque. On a tout réouvert, tout retourner, en vain. Deux colsons feront l’affaire pour la journée.
P1170993.JPG On quitte notre famille de Casablanca pour commencer notre aventure marocaine! Et c’est parti! Les premiers 40 km ne sont franchement pas terribles, la nationale 9 est encore très fréquentée malgré la superbe autoroute quasi parallèle. En plus, la petite bandelette sur le côté n’est pas en bon état donc on roule sur la bande normale et on a tout de même droit à quelques coups de klaxon ainsi qu’à des dépassements relativement proches. L’absence de déchets le long des routes n’était qu’une illusion lors de notre arrivée, on est dans le même genre de « paysages » qu’en Turquie… On retrouve nos bonnes vieilles habitudes et on se met à cuisiner nos pâtes sauce tomate en bord de route.
P1180007.JPG On redémarre et on s’aperçoit que Berrechid n’est pas celle qu’on croyait, celle dont on nous avait parlé comme étant une ville glauque avec juste un hôpital psychiatrique. De la vie, des parcs agréables et des travaux, ça a dû changer! Bref, on fait nos 34 km suivant sans trop de peine sur une route en meilleur état. On s’arrête dans un bled pour dépenser un peu de flouze et s’acheter du pains, du Kiri, des yaourts, des carottes et des bananes. On repart et arrivé à l’entrée de Settat, on voit une forêt aménagée pour le pique-nique et on demande à un policier si on peut y camper. Réponse positive, « il y a de la sécurité là-bas », super! Alors qu’on cherche un emplacement, une brigade en combi nous aborde et nous interdit de camper là à cause des viols, des cambrioleurs et de l’absence d’éclairage public! Il semblerait que le Maroc soit un pays peuplé de gens très très très dangereux, d’après leurs dires! Je leur dit qu’on ferait donc mieux de reprendre un avion et quitter le pays si c’est à ce point 😉 On devrait camper à côté du barrage de police à quelques mètres de la route, super! On discute beaucoup avec les deux équipes qu’on met en contradiction (parc sécurité >< parc viols) mais toujours avec le sourire et beaucoup de politesse. Après un contact avec leur chef, on arrive à un compromis, on campera à 100 m du barrage, sur une pelouse visible de tous avec de l’éclairage public (puisque ça avait l’air si important). P1180015.JPG Une fois bien installé, le commissaire vient nous saluer et évoque un déménagement qu’on refuse en bloc, autant rouler de nuit jusqu’à la sortie de la ville! À cette idée, le commissaire préfère nous laisser là en prenant nos identités et en nous laissant son numéro de GSM. Toutes ces tracasseries pour rien du tout, mais ils ont tous le même mot à la bouche : la sécurité! Tout ça c’est pour notre sécurité!? Et bien, on dirait qu’on ne campera plus à l’entrée d’une ville! En discutant avec le commissaire, il nous dit qu’il y a un point de vente d’alcool pas loin et que certains marocains en abusent et ne supportent pas les effets. Sous l’emprise de l’alcool, ils pourraient même venir lancer des cailloux sur la tente ou y mettre le feu. Mouais, on n’y croit pas vraiment mais bon! Ça se termine bien, on nous laisse là… avec une patrouille qui passera (restera?) pendant toute la nuit et tout cela pour notre… SÉCURITÉ!

On est content d’avoir repris le vélo mais nos vieux démons d’inconfort sont revenus. Bah, c’est l’histoire de quelques jours!

Mardi 17/04/2012

La tente est trempée intérieur et extérieur. Séchage sous l’oeil bienveillant de la brigade du matin, fort sympathique. Après l’Anglais qui s’est dégradé en Inde, je sens que mon Français va en prendre un coup ici au Maroc! J’ai tendance à faire du mimétisme linguistique…
P1180037.JPG Aujourd’hui, la route est bonne, le trafic est considérablement moindre et le paysage est super! Des plaines on passe aux collines et des arbres on passe aux cactus en fleur, le tout sur fond de ciel bleu, de terre rouge et d’herbes vertes! Seul bémol (selon le point de vue) : trop de soleil! Pas un nuage et, depuis bien longtemps plus ressentie, la sensation de brûler. Étions-nous protégés par une épaisse couche de poussière ou pollution en Inde et Népal? Même à plus de 3000 m, je n’avais pas besoin de mettre de la crème solaire. Ou alors le soleil a-t-il changé à ce point? D’ailleurs, on voit les montagnes enneigées de l’Atlas au loin, ça fait un bail qu’on n’a plus eu un horizon aussi dégagé!
En fin de journée, on aborde un berger avec ses moutons et son neveu, il parle un « bchouia » français. À la question « où peut-on camper », la réponse sera sans appel « à la maison de moi »! Wow, invités dès la deuxième nuit! Mieux que de planter la tente à côté de la maison, on a même droit à une pièce pour nous où nous partagerons le repas : haricots géants, viande de brebis (on fait un effort) et du pain. J’ai eu le frère de notre hôte au téléphone qui nous a assuré que c’était sécurisé… P1180072.JPG Je sens que je vais détester ce mot à force de l’entendre. Les marocains ne se feraient-ils pas confiance?
Quoiqu’il en soit, Ghanem et sa femme Saida sont adorables. Il a 42 ans et elle en a 27, mariés il y a 10 ans, ils ont un petit garçon d’un an. Leur maison est toute simple, une douche en dehors de la maison, pas de toilette et pas d’électricité, juste une vieille et faible batterie pour un éclairage basique. Ils ont mis du temps à avoir un enfant car Saida a (eu) des problèmes de rhumatismes et ne peut pas être enceinte pendant ses traitements.
La nuit sera bonne, on est bien fatigué après ces 80 km.

Mercredi 18/04/2012

Après un bon petit déj’ avec nos provisions, Saida descend avec un plateau et pour faire bonne figure, on mangera tout de même les oeufs de la maison!
P1180077.JPG On démarre après quelques photos souvenirs et l’excellente route rectiligne défile comme rien! On longe l’énorme base militaire de Ben Guerir. Au loin, on voit les montagnes enneigées qui se rapproche doucement. Dans la matinée, deux contrôles de police (barrages) pour rien, juste pour casser notre rythme, voir le vélo, demander si ça va et demander où on va (on est sur la nationale qui mène tout droit à Marrakech)… Aujourd’hui, on ne se fera pas accabler par le chaleur (38°C au soleil), on décide de prendre notre temps (surtout que ça roule bien) et de s’arrêter 2 bonnes heures pour la pause de midi.
P1190001.JPG La suite, c’est de la bonne route en légère montée jusqu’à ce que ça commence à descendre pendant plusieurs kilomètres et qu’on rattrape un cyclo allemand de 74 ans qui roule depuis le Portugal. Comme chaque année, il part 3 mois. Comme on a le Routard, on sait qu’il y a un camping à 9 km du centre de Marrakech alors il nous suit! Juste après la sensation de pneu plat à l’arrière, on y arrive, c’est tenu par des Français, y a des Français, une piscine, un jacuzzi, du gazon plat, des douches chaudes et des steaks hachés purée (mousseline)! Aaaah, il en faut peu pour reconvertir des néo-végétariens, mais bon, au Maroc c’est nettement plus difficile qu’en Inde ou au Népal de ne pas manger de viande!

Remarques :
– l’omniprésence des policiers et leurs remarques sur l’éventuelle possibilité d’une probable mauvaise histoire qui pourrait peut-être nous arriver nous fait penser que le Maroc ça craint et qu’on a intérêt à en partir (c’est l’argument qu’on utilise dès qu’ils commencent à exagérer dans les pseudo-conseils).
P1180079.JPG – si les Marocains sont les pros du pique-nique, ils sont encore très amateurs dans la gestion de leurs déchets, dommage! Mais bon, par exemple, dans la forêt aménagée près de Settat, il y a des bancs, des tables de pique-nique mais aucune poubelle, ça n’aide pas. On voit beaucoup de sacs plastique et de bouteilles de verre brisées.
– les routes sont super bonnes!
– les paysages sont complètement dépaysants, c’est mon avis mais pas celui d’Elodie (et probablement pas le vôtre). C’est surtout que ça ressemble à l’Europe (et que ça fait longtemps) avec quelques passages plus exotiques avec des cactus ou des arganier.


Article publié depuis ici :

2 réflexions au sujet de « De Casablanca à Marrakech »

  1. LOR

    Coucou,
    Je n’ai pas d’info « scientifique » sur la qualité de l’eau, mais quand je suis allée à Marrakech on achetait des bouteilles d’eau et on se lavait même les dents avec l’eau en bouteille. Je suppose que c’est ce qui nous avait été conseillé, mais je ne sais plus par qui … Vague réponse, mais à votre place je ne prendrais pas le risque d’attraper une bactérie locale. Bisous

  2. jaack

    Sala-male-kum

    Moi je dis que l’eau est bien meilleur qu’au lac de madine pour une bonne béééégnade 😉

    Remarque : En Belgique dans les parcs ya des tables de pique nique et pas de poubelles non plus grrrrr… Mais je penses que c’est surtout pour ne pas qu’on y mette le feu, enfin SÉCURITÉ quoi…

    Hamdou lila

Les commentaires sont fermés.