Vers Kathmandu et au-delààààà!

Mercredi 07/03/2012

P1170638.JPG Après avoir repeint les toilettes en plein nuit, moi avec une belle indigestion et Elodie par contre avec une belle… ah non, elle aime pas que j’en parle, c’est donc à notre tour d’être peinturluré car aujourd’hui c’est Holi! La fête des couleurs! Alors Happy Holi à tous! Ça commence dès l’hôtel où les filles et le femme du patron nous recouvrent les jouent et en route vers Hetauda. En traversant le petit village vers la route nationale, on se prend quelques traînées de poudre et quelques « bombes à eaux ». C’est relativement rigolo car tout se fait dans la bonne humeur. Elodie se rince le visage car elle sent sa peau brûler au soleil et étaler de la crème solaire avec cette poudre sur le visage ne la tente pas plus que ça.
Elodie qui en a marre avertit des jeunes qu’on sent prêt à nous balancer la sauce. Erreur, l’un d’eux le fait quand même et en voulant en mettre dans le visage d’Elodie, il lui donne une baffe au passage. Ça dégénère gentiment en engueulade. Du coup, elle trouve ça de moins en moins drôle et chaque traversée de bande de jeunes se fait avec une certaine appréhension. Moi j’aime encore bien, mais Elodie est, faut-il le rappeler, en premières lignes! Certains nous demandent si on veut et on peut refuser très courtoisement et d’autres ne comprennent pas pourquoi on n’en veut plus.

La route est excellente (bon revêtement), mais le soleil (30°C+) et la fatigue de la nuit ne sont pas favorable à une journée toute en douceur.
DSC_8677.JPG Sur la route, presque à Hetauda, on voit un bus couché sur son flanc dans un virage, une odeur peu commune arrive à nos narines et on voit qu’il y a encore au moins un corps allongé dans le bus… Mmm, le Népal ne m’inspire pas confiance niveau trafic et ils semblent souvent fou-fous sur leur moto en criant et zigzagant. Il paraît que l’alcool y est pour beaucoup dans les accidents de la route ici!

Arrivée au Motel Avocado, la chambre la moins chère, plutôt basique, fera l’affaire. Pendant le repas, le responsable du restaurant nous donnera quelques conseils et indications pour la route de demain, ça a l’air dur-dur!

Jeudi 08/03/2012

DSC_8692.JPG On démarre à 7h à 435 m d’altitude! Ouais, quand une journée s’annonce difficile, c’est possible de faire en sorte que je me lève un peu plus tôt! Comme on ne s’attendait pas à avoir si chaud au Népal, faut profiter du petit matin pour grimper!
C’est parti pour quelques kilomètres de montée pure et dure, tout en gardant à l’esprit que si ça va pas : hop camion/pickup! Le problème c’est que ça va pas si mal et que les rares camions en direction de Kathmandu sont tous plein! Ce n’est pas plus mal niveau trafic. La route est bonne et les paysages de plus en plus impressionnants avec tous ces champs en terrasses!

DSC_8720.JPG On sent qu’on va devoir camper en bord de route et on trouve un endroit possible à flanc de montagne. Ceci dit, le terrain semi-herbeux devant une maison qu’on a passée précédemment était pas mal et probablement moins humide. On redescend de quelques centaines de mètres (en distance pas en altitude) vers la maison en question pour demander à planter notre tente, accepté! Super! Ce soir, on mange les pâtes et la sauce qu’on trimballe depuis… Mangalore, plus de 2500 km de vélo! Le père de famille démarre le feu pour faire bouillir de l’eau et y cuire nos pâtes, parfait on ne devra pas sortir notre cuisine!
Au lit, il est 20h30, on dort à 1773 m!

La moyenne du jour, record battu, vers le bas : 6,16 km/h avec un minimum de 3,0 km/h observé sur le compteur dans les moments les plus difficiles! Je vous dis pas la cadence, moins de 50 tours/minute!

Vendredi 09/03/2012

P1170704.JPG Après une quasi bonne nuit de camping en bord de route calme, on se lève dans la fraîcheur matinale et ses 8°C. Comme on est assez haut, la tente est bien sèche! Le temps de manger quelques biscuits et en route pour Daman et les quelques 16 km de montée qui nous en séparent.
C’est dur, plus dur qu’hier mais ça avance. Arrivé en haut à Simbhanjyang (2488 m), on s’arrête quelques minutes pour goûter leurs beignets au riz et prendre un petit milk tea. On entame les 3 km de descente vers Daman avec les vestes et les gants. Arrivés sur place, le mini-village ne nous inspire pas plus que ça et il n’est que midi. On mange un daal bhat et en route pour la suite, Naubise si possible! La descente est rapide et froide, brrrr!
DSC_8767.JPG Les paysages de ces montagnes sont incroyables, encore mieux qu’hier! On trouvait que le Nord de l’Inde, plat, était cultivé partout… Ici, c’est fou, ils font pareil mais dans la montagne dans des pentes vertigineuses! Avec le soleil couchant et la brume constante, le décor est vraiment magnifique! Les pentes abruptes et profondes font penser à un décor de film. P1170766.JPG La route ne fait quasi que descendre et parfois je réquisitionne l’aide d’Elodie au freinage (avec son frein de secours) afin de soulager les deux autres car je ne peux pas freiner si longtemps sans arrêt (c’est un peu con pour des systèmes tellement hi-tech).
On pète un rayon au km 46, pas le temps de s’arrêter pour réparer si on veut atteindre Naubise, on file! Ce rayon me fait poser une fois de plus le bien fondé de l’usage de frein à disque (en dehors du fait qu’il est difficile de réparer/trouver des pièces) sur des vélos de voyage bien chargés. Déjà que la force motrice passe du moyeu au pneu en passant par les rayons mais si en plus, au freinage, la roue qui a tendance à avancer est freinée par le moyeu, les rayons subissent une sérieuse contrainte qui est vachement diminuée voire inexistante sur des vélos à freins sur jante!
Reste la question de l’hydraulique ou du câble. Un récent mail d’un couple de Pinoïstes qui ont cassé un levier de frein hydraulique (comment? transport?) et n’arrivent pas à trouver de pièces de rechange me fait penser que le bon vieux V-Brake a encore de beaux jours devant lui!
C’est la minute technique, merci pour votre attention.

DSC_8796.JPG On arrive bien à Naubise qui nous semble être une horrible ville-carrefour! C’est vraiment juste pour passer la nuit dans une chambre pourrie. On a déjà un petit aperçu du trafic qui nous attend demain avec les nombreux camions qui sont passés en quelques minutes! Maintenant on est sur la route de Pokhara à Kathmandu!

Elodie est très fière de vous annoncer donc qu’on a parcouru toute la Tribhuvan Highway (appelée aussi Rajpath) sans pousser le vélo et toujours à deux dessus! Cette performance a un prix : des tronçons à 3,0 km/h et le parcours de quelques 108 km en 2 jours (encore pas mal) dont le deuxième jour est notre record de l’étape la plus longue en temps (mais pas en distance) : 7h20 hors pauses.

Samedi 10/03/2012

Avant de quitter la lugubre chambre sombre de notre pseudo-hôtel, je m’attaque au remplacement du rayon (difficulté « moyen ») suivi du changement des plaquettes de frein avant (difficulté « facile »). Quand tout est fini, je teste un peu le frein avec le levier et PAF! Oui, PAF! Non pas paf le rayon (comme avant), mais PAF la durite qui explose!!! Merde alors! Ça c’est pas cool du tout! Et le comble c’est que j’en parlais hier soir dans ce texte! C’est un problème plutôt grave mais à bien y réfléchir, ça arrive encore « au bon moment » : on a terminé la loooongue et forte descente hier (ouf!), il nous reste une seule étape de montée relativement courte et j’ai eu la bonne idée de copier certains « collègues » de Pino en installant le frein de secours à l’avant! P1170771.JPGLa route du jour n’est donc point compromise, juste un peu de gestion pour les quelques descentes en fin de parcours. Sur cette route d’ailleurs, il faut juste faire abstraction des 10 camions à la minute, j’exagère mais après les 2 jours précédents, c’est fort fréquenté mais acceptable pour faire 25 km.
L’arrivée vers midi à Kathmandu se fait en douceur, le trafic est très raisonnable, peut-être car nous sommes le weekend et que nous n’avons pas à traverser toute la ville puisque nous logeons dans le calme quartier de Paknajol (à l’Est, près de Thamel). On retrouve le vélo de Valentin dans le jardin de la chouette guest house. Val, lui, est en petit trek pendant que Kelly médite sans parler dans un centre situé ailleurs dans la ville. Contraste très fort avec ce matin, notre chambre est extrêmement lumineuse (2 murs avec fenêtres) et le petit jardin est très agréable. Aprèm tranquille à l’hôtel, repos/sieste, rédaction et pré-préparatifs trek (je trie surtout le brol qui traîne dans ma sacoche de guidon).

L’arrivée à Kathmandu a marqué le passage des 8888 km parcourus! Et c’est ici que s’arrête notre périple cyclo-asiatique puisque la prochaine étape pour le vélo sera la boîte en carton direction le Maroc! Plus de tandem avant le 12 avril, les vacances quoi!
Les prochains articles seront donc dédiés à la préparation du trek, quelques visites et le trek proprement dit, le Tour des Annapurna.


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8 réflexions au sujet de « Vers Kathmandu et au-delààààà! »

  1. Marie-Paule

    Bravo bravo ! 8888, c’est 4 x l’infini en verticalité : vous êtes au Nirvâna donc !
    Eh! bien bonnes vacances au Nirvâna (c’est fou comme le vélo ressemble à la méditation). En tout cas, vous avez toute mon admiration pour votre endurance, votre ténacité et votre témérité. Vous voilà bien récompensés. Avec à tout jamais une expérience irremplaçable pour aborder la diversité de la Vie … et se jouer des rayons qui cassent !

    Et PAF ! un bisou péteur.
    MP 🙂

  2. bernardf

    « C’est la minute technique, merci pour votre attention. » Tu ne crois pas si bien dire ! J’ai un couple d’amis qui viennent justement de me demander conseil car après avoir flingué leur jantes (freins HSxx), ils se posent la question d’installer du frein à disque sur leur tandem (tandem « classique »), je les ai mis en garde suite à vos mésaventures !

    Sinon, qu’est-ce que ça a l’air beau les montagnes que vous traverser en ce moment !

    A plus.

    1. bernardf

      « Quand tout est fini, je teste un peu le frein avec le levier et PAF! Oui, PAF! Non pas paf le rayon (comme avant), mais PAF la durite qui explose!!!  » Mais non, tu rigoles ou quoi ? (j’avais pas encore tout lu quand j’ai répondu ci-dessus) Donc, encore un truc à dire aux copains cyclocampeurs : pas de « cablage » huile mais du bête cable bien solide et réparable…

      Un mois sans vélo ! Le rêve, fini les emmerdes mécaniques ! Ca va vous reposer, lol ! Profitez bien de votre trek, j’en suis vert de jalousie ! 😉

  3. velosteph

    ouiaaaaaiiis la route….!! Dis Geof, sur la vidéo on dirait que ton pneu arrière est pas au top, manque pas un bar (on ne se refait pas).. Est-ce que les 2488m d’altitude, c’est pas votre « top »? … Sinon, grimper avec juste le chant des oiseaux, cool.. (mais dur)

    1. Geoff & Lodi Auteur de l’article

      Ouais, c’est vrai qu’il a l’air un peu plat sur la vidéo, mais il est à un poil plus de 5 bars (selon ma pompe). Et vu du dessus, quand je regarde vers le bas en roulant, il a l’air ok… Bien vu quand même, je surveillerai ça au Maroc!

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